Jacques Thorel n’est pas pressé. II avance à son
rythme. II fut l’un des premiers à décomposer
l’est assurément, ses entrées en une multitude de petites préparations.
Ah ! Son cornet de glace
aux huîtres, ses Saint-Jacques comme bardées de truffes, qui sont toujours à la carte...
Aujourd’hui dans la force de l’âge, l’oeil amusé, il renvoie dos à dos les chefs qui « compliquent tout, alors qu ’on a passé notre vie
à épurer >> et ceux qui voient
tout en noir : « les produits
sont de mieux en mieux,
même si, pour les poissons,
on a un peu moins de choix. >>
Et il parle en expert,
lui qui n’aime rien tant que
taquiner le bar à la ligne,
perché en plein vent sur un
rocher. « II faut rester calme,
ajoute-t-il, les cuisiniers
racontent des histoires de
produits rares. >> Et le voilà
qui justement vous raconte
une histoire, celle de ses fraises, de fraises
de Bretagne cultivées pour
lui par une dame du côté
de Saint-Brévin...
Conjuguer plaisir et rapidité
À I’Auberge bretonne,
son menu de printemps
s’ouvre par des fruits de mer,
pouces-pieds
et coquillages.
Puis, le baluchon de turbot
à peine fumé et le boudin blanc de lapin qui associe
épices et coquillages. Un
grand moelleux pour suivre, avec la fourme d’Ambert, et sa brioche aux cerises.
Mais il n’oublie pas tous ceux qui ne peuvent pas fréquenter
trop souvent son restaurant.
<< Dans Trop bon et pas cher,
qui vient d’être publié, je m’adresse aux gourmands qui ne se perdent pas dans le labyrinthe des rayons.
d’hypermarchés où moi,
je suis toujours perdu.
Je mets mes secrets
de cuisine au service de ceux
qui aiment bien manger,
mais qui ont peu de temps
pour faire la cuisine.
Je les guide pour utiliser
astucieusement, et détourner
parfois, des produits accessibles à tous - les produits du monde de l’industrie agroalimentaire - à travers de nouvelles recettes, comme la sucette pop-corn fromage ou la madeleine aux sardines à l’apéro. la chip’omelette ou les pommes confites au camembert ! >>