Certaines traditions se perdent,
même à Lyon, dans ce sanctuaire
de la gastronomie. Heureusement,
au pays de la mère Brazier, de jeunes
cuisiniers savent la faire perdurer.
De bons petits soldats mettent toute leur
passion, leur dévouement mais surtout
un immense plaisir à nous concocter une
cuisine qui fleure bon notre enfance.
Christian Lherm est l’un de ces cuisiniers.
Depuis toujours, il a le logiciel de la cuisine
dans la tête. Il ne peut parler fourneaux
sans évoquer ce grand père qui
n’aimait rien autant qu’emmener les
siens dans de très bons restaurants dès
que l’occasion se présentait. Petit garçon
gourmand et curieux, il décide un
jour de relever ses manches et d’attraper
les casseroles. A ses débuts, il répète
inlassablement la conception du même
plat, un geste qu’il souhaite améliorer
sans cesse. Le filet de sole bonne femme
sera son premier brouillon.
Une cuisine d’instinct
Il fait ensuite son apprentissage en tant
que commis dans un traditionnel « bouchon
» lyonnais, entre têtes de veau, tripes
et autres quenelles. Aujourd’hui,
après 20 ans dans les mêmes cuisines
dont 15 en tant que chef, Christian Lherm
confectionne une cuisine d’instinct. Sans se laisser enfermer dans un répertoire
cent pour cent lyonnais, il sait faire
vivre sa carte en fonction des produits.
Le terroir est l’inspiration majeure mais
il n’est pas un dictateur. Ainsi, sa cuisine
n’échappe pas aux nouvelles tendances
et, au fil des années, il a fallu abandonner
quelques plats roboratifs au profit d’une
expression culinaire plus délicate. Car,
du haut de son « Arc-en-ciel », le chef
n’oublie pas qu’il doit aussi séduire une
clientèle d’affaires de passage dans l’hôtel.
Pour autant, il s’impose peu de passages
obligés et seulement trois règles
d’or : « la rigueur du montage, le goût et
le graphisme de l’assiette ». Sur la carte,
quelques incontournables semblent
siéger durablement : un tartare de
saint-jacques et huîtres, un lièvre à la
royale mais aussi une délicieuse
tourte aux langoustines, plébiscitée
depuis de très nombreuses
années.
Au pays de l’andouillette et du
saucisson chaud, Christian
Lherm a su tirer son épingle
du jeu, délivrant une cuisine
moderne ayant
conservé toute son
identité lyonnaise.