Dans la famille, l’histoire conduit souvent à table ou sur le billot d’un charcutier traiteur car chez les Sanjou on prospère dans les métiers de bouche depuis 5 générations. Pourtant, Sébastien, fils de restaurateurs n’a pas la vocation précoce et choisit des chemins détournés. Mais la passion le rattrape : « J’ai demandé à partir au lycée hôtelier, j’étais très
copain avec Xavier Ibarboure, avant de sortir nous avions pris l’habitude de manger un bout en cuisine, son père était au passe, ce spectacle m’a fasciné et là, j’ai réellement eu un déclic. » Il part en stage sur la Côte d’Azur aux Issambres puis découvre les rouages d’une grande brigade
auprès de Christian Willer, chef du Martinez à Cannes. Galvanisé par ces premières expériences, Sébastien retrouve les frères Ibarboure, cette
fois, en tant que demi chef de partie. Il poursuit son apprentissage à Hendaye ou encore à Pau auprès de Daniel Labarrère puis il est rappelé sur la côte à Saint Aygulf, là, il fait ses premières armes de chef dans le restaurant de son père.
Le coup de cœur
En 2002, il rêve de s’installer et tombe sous le charme d’une bastide en pierres du XVIème siècle qui fût tour à tour cantine pour les moines, bergerie et enfin restaurant. Il faut dire que cette gracieuse demeure ne manque pas de charmes. Située à l’écart du village des Arcs sur Argens dans un cadre verdoyant, le Relais des Moines n’attendait plus que la vitalité d’un jeune chef pour sortir de son sommeil. Il a tout juste 20 ans mais de grandes ambitions. Et l’histoire familiale se poursuit puisqu’il se lance dans l’aventure avec Chantal, sa mère et Géraldine sa fiancée qui prennent en charge l’accueil et la salle. Six ans plus tard, le Relais savoure enfin sa nouvelle jeunesse.
Une cuisine méridionale
La carte prend évidemment l’accent provençal, ponctuée ici et là de quelques clins d’œil à ses origines béarnaises. « Je compose une cuisine de
produits sans tenir compte des modes ou de l’air du temps. Mon bagage est « classique », ce qui m’amuse c’est de réinterpréter. » La blanquette de veau concentrée en sauce flirte ainsi avec la saint-Jacques et le chou, le loup de mer, flanqué d’une sauce poulette aux truffes ou encore le foie de
canard est poché minute avec un bouillon de pot-au-feu. Sans oublier les vins et notamment un grand choix des meilleurs crus des Côtes-de-Provence. Il faut dire que leur plus proche voisin n’est autre que le fameux Château Sainte Roseline.